Capdenac, une longue histoire...

La vieille ville de Capdenac-Le-Haut est bâtie sur un rocher en forme de presqu’île, et domine de plus de 100 mètres de haut un vaste méandre du Lot. L'homme a vu dans cette configuration singulière un lieu de sûreté.  

 

La période néolithique

D’après les découvertes réalisées par M Clottes, responsable de fouilles archéologiques en région Midi-Pyrénées, le troglodyte occupait déjà les cavités rocheuses au pied du site, durant la période du néolithique. Un gisement de cette période a été découvert au pied des remparts, mettant au jour cette présence humaine (poteries, silex, …).   

L'Antiquité

Capdenac fut un oppidum gaulois, avec pour preuve ces quelque 3500 pièces de monnaie gauloise découvertes en 1864 près du rempart ouest du village.

Capdenac est traditionnellement cité comme Uxellodunum, oppidum ayant abrité les derniers résistants gaulois face à l'invasion romaine. Chercheurs et historiens se sont penchés sur cet événement, parmi lesquels Jacques Joseph Champollion, qui après d’importantes fouilles réalisées sur Capdenac en 1816, conclut que ce lieu correspond en tout point au descriptif fait dans l'ouvrage "Les Commentaires sur la guerre des Gaules" de Jules César.

Cette conquête romaine donne suite à quatre siècles d’occupation, période pendant laquelle les romains aménagent la région. Plusieurs noms évoquent ici cette présence : la Fontaine de César, la Côte Romaine, le Camp de Cani, … De nombreux vestiges romains sont découverts sur le site : fragments de poteries, de tuiles, d’amphores vinaires, projectiles de catapultes, de frondes… Les fortifications au nord de la ville présentaient, jusqu’au siècle dernier, deux bases de tours de facture romaine (Rapport de l’armée en 1857).

Le Moyen Age

Après l'occupation wisigothe (de 477 à 530) et sarrazine, le Haut Moyen Age est marqué par la présence du Comte de Saint Géraud, arrière-petit-fils de Charlemagne et Seigneur de Capdenac. On peut d’ailleurs admirer dans la petite chapelle de l’église St-Jean-Baptiste, une statue en bois du Bon Comte Géraud.

Durant les siècles suivants, Capdenac connaît l’Age d’Or grâce à son commerce prospère, ceci en dépit des troubles politiques, sociaux et religieux. L’architecture actuelle du village est un héritage de ce riche passé : maisons à encorbellement, fenêtres à meneaux, portes ogivales.

Cette cité inexpugnable fait l’objet de convoitise. Durant la Guerre de Cent Ans, les anglais tentent à plusieurs reprises de l’assiéger. Les habitants veulent rester fidèles à la couronne de France et en seront d’ailleurs remerciés par le roi qui leur accordera de nombreux privilèges.     

La ville hospitalière de Capdenac compte une importante Commanderie à l’ordre des Templiers et accueille les pèlerins sur la route de Saint-Jacques de Compostelle. 

Le XIVème siècle voit la construction du donjon, symbole de la Cité. La Tour de Modon se dresse au niveau du troisième rempart auquel on accède après avoir passé cinq portes monumentales. La destruction partielle des fortifications de cette place de sûreté protestante sera ordonnée par Richelieu en lutte contre cette religion calviniste. 

Galiot de Genouilhac, chambellan du Roi François 1er et de Maximilien de Béthune, dit Sully, ministre d’Henri IV  marquent de leur présence l'histoire de ce site majeur du Quercy, à l'instar de Cardaillac. La présence de Sully provoque d’ailleurs des relents de guerre de religions, apaisés par le roi Louis XIII, intervenu en la faveur de l’ancien ministre. 

Du XIXème siècle à nos jours

Le patrimoine de Capdenac est reconnu dès le début du XIXème siècle, l'Antiquité étant la période de prédilection des historiens. Jacques Joseph Champollion réalise en 1816 des fouilles dans le but de déterminer la localisation d'Uxellodunum, dernier lieu de bataille de la guerre des Gaules. Le fruit de son travail portant sur tous les sites prétendant à ce titre sera édité dans l'ouvrage "Nouvelles recherches sur la ville gauloise d'Uxellodunum ". 

Le site de Capdenac fait l'objet de mesures de protection suite aux travaux d'Inventaire Général du Patrimoine Culturel, réalisés par Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, et listés dans la Base Mérimée. Les fortifications de Capdenac et la croix du Christ en granit seront ainsi classées Monument Historique en 1911.  

 

L'ère de la navigation

La rivière, important lieu de la vie économique, connaît différents aménagements durant le XIXème siècle. Barrages-écluses, dérivations, nouvelles écluses remplaçant les primitives construites de 1835 à 1853 facilitent la vie des navigateurs et des citoyens.

Cependant, ces aménagements connaîtront un usage de courte durée. Le développement économique du bassin houiller decazevillois provoque l'installation d'une étoile ferroviaire dans la plaine, entraînant aussitôt une évolution des activités dans la région au détriment du commerce fluvial. Ces bouleversements sociaux et économiques, suite à la fondation de la cité cheminote de Capdenac-Gare, changent le visage de Capdenac qui délaisse de manière progressive ses activités agricoles et artisanales. 

 

Capdenac contemporain

Capdenac profite désormais des bassins industriels des villes de Capdenac-Gare et Figeac. Sa situation géographique et son patrimoine en font un lieu de vie attractif tant pour les résidents que pour les touristes en quête d'authenticité. 

Si vous souhaitez en savoir plus sur le patrimoine historique de Capdenac, nous vous invitons à consulter les ouvrages suivants :

- "Capdenac le Haut, Village perché en Quercy", disponible dans les Offices de Tourisme de Figeac, Capdenac Gare et Capdenac le Haut.

- "Nouvelles Recherches sur la Ville Gauloises d'Uxellodunum" par Champollion-Figeac disponible à la boutique l'Oltis à Capdenac-le-Haut.